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Planet Rock Profiles 2004

  This article is also available in English



Partie 1:

Si l’on regarde aujourd’hui le succès des Corrs, la plus grosse exportation irlandaise depuis U2, il est difficile d’imaginer qu’ils aient dû se battre pour y arriver. Leur premier album Forgiven Not Forgotten a été un succès international immédiat en 1995 mais c’est son successeur Talk On Corners qui les a vraiment faits devenir célèbres. Cet album, grâce notamment à leur version de la chanson Dreams des Fleetwood Mac, resta un an dans le top 10 britannique, et atteignit prodigieusement la première place à quatre reprises. Les Corrs et particulièrement Andrea font ainsi partie des musiciens les plus reconnaissables de la planète. Leur succès fut couronné en 2000 avec In Blue et leur dernier album Borrowed Heaven semble prêt à suivre la même lignée. Ce groupe familial composé de trois sœurs, Andrea au chant, Sharon au violon, Caroline à la batterie et de leur frère Jim à la guitare, fit ses débuts sur la route du succès à Dundalk, une petite ville juste au sud de la frontière avec l’Irlande du Nord, et dans une maison que leurs parents, des musiciens semi professionnels avait rempli de leur amour de la musique.

Jim : Nous avons commencé à jouer déjà tout petit, parce qu’il y avait un piano dans une des chambres, donc dès que nous avons pu atteindre les touches, en tapant dessus. Et nous écoutions constamment ce que nos parents jouaient eux-mêmes, ce qu’ils répétaient, ce qu’ils écoutaient. Le simple fait de grandir dans cet environnement a développé très tôt en nous un amour de la musique.

Sharon : Je pense que la plupart des parents se disaient en voyant maman et papa, mais qu’est ce que vous faites, pourquoi encouragez-vous vos enfants à entrer dans cette affreuse industrie. Mais c’était un peu comme un rêve qui ne s’était pas réalisé pour eux en fait. Ils ont probablement pensé qu’ils auraient pu aller plus loin, ils aimaient tellement la musique, et c’était génial pour eux de pouvoir faire cela parce qu’ils avaient un travail dans la journée, mais aussi cet exutoire en dehors. Je me souviens quand ils rentraient à la maison après des représentations, ils s’asseyaient devant la cheminée avec un verre et ils étaient vraiment heureux après avoir fait un très bon show. Je pense que c’est ce qu’ils désiraient pour nous et ils avaient une grande confiance en notre manager John, donc ils savaient que nous n’allions pas nous retrouver dans une partie sordide de cette industrie.

Ce manager est l’ancien musicien John Hughes qui a découvert le groupe durant les auditions pour le film The Commitments et fut immédiatement impressionné par leur talent.

Caroline : Bien sûr Jim étant le plus vieux, il avait joué avec beaucoup de groupes différents et il avait acquis bien plus d’expérience que nous. J’avais 16 ans, Andrea 15, Sharon à peu près 19, donc nous étions plutôt jeunes et nous sortions juste de l’école. Nous avions bien sûr nos instruments et notre formation musicale mais nous ne savions pas ce que c’était de travailler dans un groupe. Et c’est quand nous avons auditionné pour le film The Commitments que nous avons rencontré John. Pour l’audition, nous avions joué deux reprises parce que nous n’avions encore rien écrit nous-mêmes à cette époque.

Après The Commitments, le groupe commença à répéter et à écrire et assez rapidement leur intérêt pour la musique traditionnelle irlandaise et leur oreille pour les bonnes chansons commencèrent à forger ce son distinctif que nous leur connaissons aujourd’hui.

Andrea: Je pense que c’était évident que nous avions ça en nous, musicalement c’était une certitude. Vocalement et de part notre influence musicale nous avons toujours été intéressés par la mélodie et l’harmonie. Nous avions ses outils en nous et comme Sharon joue du violon et tout le reste, que nous aimons la musique pop, la musique mélodique, ce genre de chose nous est donc venu naturellement quand nous avons commencé à écrire.

Jim : Et je pense que nous avons fait pas mal d’expérimentation au début, nous avions même essayé de nous rapprocher de ce qui se faisait à l’époque avec des résultats catastrophiques à mon avis. Sharon et moi avions un petit groupe et nous allions jouer purement pour l’argent parce que nous n’avions pas de revenu, j’avais arrêté mon travail de musicien à Dublin donc j’étais revenu à la maison. Au début nous n’avions pas de rentrée d’argent donc nous avons commencé par louer une table de mixage et j’ai samplé le son d’un bodhran, et à partir de là nous avons commencé à jouer nos propres interprétations de chansons traditionnelles irlandaises, avec Sharon, à reprendre des chansons de Mary Black notamment. Et c’est cette influence que nous avons apportée dans les Corrs assez rapidement. A partir de la quatrième chanson que nous avons écrite, je pense que notre son commençait à être défini.

Les Corrs découvrirent que réussir à décrocher un contrat international relève presque du domaine de la légende. Invité à se produire dans un show à New York par l’ambassadeur américain, le groupe décida de saisir cette opportunité pour rendre une visite impromptue à David Foster, une légende de la musique.

Sharon : Notre manager a considéré que tant que nous serions là-bas ce serait une bonne opportunité de nous présenter à droite à gauche et de nous dénicher un contrat d’enregistrement, parce que si vous êtes physiquement là, il est bien plus probable que vous ayez une chance d’être signé en vous présentant à de nombreuses maisons de disques. En gros, rien ne se produisait pour nous jusqu’à ce que nous allions voir Jason Flom à Atlantic Records. Il nous a dit qu’il adorerait que nous voyions David Foster qui travaillait là comme producteur à l’époque. Il n’a pas réussi à arranger une rencontre mais John découvrit que David était en train d’enregistrer l’album HiStory de Michael Jackson au studio Hit Factory à New York. Il nous a dit, écoutez, allons-y et nous verrons bien ce qui se passera. Alors nous nous sommes mis sur notre trente et un, j’avais mis cette longue robe noire. La chaleur était étouffante à New York, mais c’étaient les seuls vêtements corrects que nous avions à l’époque, il fallait bien qu’on les porte ! Nous sommes arrivés avec nos instruments, et John a dit à l’armoire à glace à l’entrée que nous étions là pour voir David Foster, mais il n’a pas dit que nous n’avions pas rendez-vous et que nous n’étions pas invités ! Non il a dit que nous étions là pour le voir. Ils nous ont permis de le voir et David était très curieux. Il nous a conduits à l’étage, et nous lui avons passé une démo de Love To Love You, non ?

Caroline : On a joué Forgiven Not Forgotten autour du piano.

Jim : Une démo de Close To You je crois que c’était…

Les filles : Closer

Sharon : Oui et ensuite on a joué au piano Forgiven Not Forgotten, avec le bodhran, les voix, le violon, le piano, et il a été époustouflé. Le jour suivant nous devions prendre l’avion pour rentrer et John m’a appelé au téléphone le lendemain matin, j’étais au lit et il m’a dit que l’avion décollait à telle heure, à quelle heure nous devions quitter l’hôtel et au fait, vous avez décroché un contrat d’enregistrement, j’ai répondu, ok John, et j’ai raccroché sans réaliser, c’était comme si je n’avais pas imprimé. Mais c’était vraiment génial qu’après avoir essayé de développer notre son pendant cinq ans et différentes maisons de disques, ça marche enfin.

Partie 2:

Le premier album des Corrs connut un succès mondial immédiat et ce qui est probablement aussi important que ce succès fut l’implication du groupe dans ce disque en écrivant ou co-écrivant tous les titres.

Jim : Je pense que c’est comme ça qu’il faut faire, c’est très très important de choisir le bon producteur qui va rester fidèle à l’essence de ce qu’est votre son, mais qui va aussi le développer et l’amener à un niveau supérieur, c’est très important. La maison de disque a pu parfois vouloir que nous prenions des directions différentes à certains moments. Nous prenons en considération ce qu’ils disent et peut être parfois il a pu arriver qu’ils aient eu raison à propos de certaines choses, alors nous prenons en considération ce qui peut nous sembler pertinent, mais en général vous devez rester assez ferme. Voilà notre son, voilà qui nous sommes et c’est comme ça que nous allons faire ce disque. C’est un pari risqué mais grâce à Dieu ça a fonctionné.

Malgré le succès généralisé, certains marchés demeuraient obstinément insensibles aux Corrs. Et alors qu’ils se préparaient à enregistrer leur second album, une pléthore de compositeurs et de producteurs comme Carole Bayer Sager, Oliver Lieber et Glen Ballard furent recrutée.

Caroline : Nous avons fait Forgiven Not Forgotten avec un seul producteur mais ce n’est pas le cas pour Talk On Corners. Nous sommes allés à Los Angeles et nous avons décidé de travailler avec plusieurs personnes. En y repensant, je m’aperçois que c’était un processus plus dur pour nous, c’était une manière de faire bien plus difficile. Heureusement nous avons en fait réussi à faire un album génial de cette façon, mais je ne préconiserais pas de refaire ainsi, je ne pense pas que nous voudrions refaire quelque chose comme ça, c’était trop difficile d’essayer de créer un album ainsi, dont le son soit consistant, c’était ardu. Mais c’était aussi notre second album, nous avions eu le succès de Forgiven Not Forgotten, et vous vous remettez au travail, vous vous dites que vous allez écrire un autre album, et vous vous retrouvez un peu coincer là-dedans, sans que vous puissiez prendre du recul et vous demander comment vous allez y arriver.

Mais avant que ce succès amplement mérité n’arrive, il y eut un autre coup de dés capital : une invitation providentielle pour interpréter une version de la chanson Dreams des Fleetwood Mac qui permettra aux ventes de l’album de s’envoler.

Sharon : Je pense que ça s’est passé comme ça. Il y avait un album hommage aux Fleetwood Mac en préparation et beaucoup d’artistes formidables étaient invités. On nous a demandé si nous voulions participer et nous avons réussi à obtenir Dreams, qui est l’une des meilleures chansons qu’ils aient faites à mon avis, donc nous avons décidé de l’enregistrer. Au départ nous l’avons interprété de manière proche de la version des Fleetwood Mac mais ensuite nous avons pensé que ça n’irait pas parce qu’on ne peut pas faire mieux que les Fleetwood Mac, c’était trop similaire, ça n’apporterait rien de différent, c’était juste une reprise. Alors nous avons travaillé avec Oliver Leiber, et il l’a amenée vers cette sphère un peu dance techno, et avec le mélange du violon, je pense que ça a plu aux gens parce que c’est quelque chose de vraiment inhabituel à faire avec cette chanson. Alors il me semble que nous avions déjà sorti notre album, Todd Terry en a fait un remix… nous avions sorti notre album et Only When I Sleep était notre premier single, alors après ça durant le mois de mars, c’est devenu un vrai hit et c’était le début du phénomène Talk On Corners.

Dreams video.

Le succès de Talk On Corners fut l’histoire de l’industrie musicale en 1998. On pouvait se demander comment le groupe réussissait à faire face au centre de ce tourbillon, alors que l’album semblait établir de nouveaux records de ventes chaque semaine.

Andrea: A un moment, Talk On Corners était numéro 1 et Forgiven Not Forgotten numéro 2, c’était extraordinaire parce que Forgiven Not Forgotten, bien qu’il ait bien marché dans le reste du monde, était en fait passé plutôt inaperçu au Royaume-Uni, donc c’était génial d’avoir ces retombées par la suite.

Caroline : Au lieu d’être emporté par cela, en fait vous vous efforcez de préserver votre normalité, qui elle, a été balayée, vous voyez ? C’est en fait cela qui a été emporté, prétendre à la normalité, rentrer à la maison et sortir et voir ses amis, juste vivre une vie normale, parce que nous étions sur la route depuis une éternité, quand on y pense, c’était vraiment très long, et c’est inévitable qu’à la fin de la tournée, vous soyez un peu… vous vous dites, ok je dois aller à la superette maintenant pour acheter le pain et le lait, comment on fait déjà? Ah oui, en fait on marche pour y aller ! Vous oubliez tout ça, parce que vous êtes en tournée, vous êtes dans ce cadre.

L’album studio qui succéda au phénomène Talk On Corners fut In Blue en l’an 2000. En terme de ventes, il consolida le succès des Corrs, mais ce succès fut tristement éclipsé par la mort de Jean, leur mère, durant son enregistrement.

Andrea: Notre mère est décédée durant l’enregistrement de cet album, et c’est le souvenir qui domine pour être honnête, c’était quelque chose de vraiment dramatique également. Nous étions vraiment heureux au début de l’album, quand ce n’était pas encore arrivé, très heureux de nous remettre au travail, d’écrire ces chansons nous-mêmes et de retrouver un peu ce que nous avions vécu pour Forgiven Not Forgotten, juste essayer de nous exprimer et d’écrire de bonnes chansons. Nous avons travaillé très dur pour le faire parce que nous le co-produisions, en fait nous l’avons produit nous-mêmes jusqu’à un niveau assez élevé.

Sharon : Je pense que Talk On Corners a été un album phénoménal, c’était énorme et notre premier très grand succès, mais c’est vrai qu’In Blue a conforté cela.

What Can I Do Video

Après In Blue, il faudra presque quatre ans avant que le groupe ne sorte un nouvel album studio, car les Corrs prirent le temps de se remettre de leur triste perte, de grands bouleversements et de la pression présents en permanence dans leur vie.

Partie 3:


Caroline : Nous ne nous sommes jamais dit que nous allions faire une pause de quatre ans et prendre un temps fou sur cet album, nous n’avons pas décidé cela, c’est juste arrivé de cette façon et je pense que c’est bien que cela se soit passé comme ça. Je le pense vraiment parce que nous avions besoin de nous recentrer, nous avions besoins de commencer à écrire. Nous nous sommes dit, cet album n’aboutira pas tant que nous n’en serons pas complètement satisfaits. Nous avons écrit autant que possible en studio, nous avons amené les chansons à un certain niveau, et nous avons obtenu le producteur que nous voulions, et ça a pris du temps, beaucoup de temps, et il y a eu des événements dans nos vies personnelles également, c’était idéal.

Andrea: Je pense que nous avons écrit à l’inspiration, donc il y a eu de grands intervalles entre chaque composition. Si vous avez écrit une chanson, vous appelez tout le monde pour aller en studio et l’enregistrer, et ensuite vous êtes de nouveau libre jusqu’à ce que l’un de nous soit inspiré, donc ça a duré comme ça un moment. Nous en avons composé d’autres après ça, mais quand nous avons pensé que nous avions déjà de bonnes chansons, c’est à ce moment là que ça a commencé à vraiment bouger et nous avons cherché un producteur. Mutt Lange nous avait recommandé Olle Romo avec lequel il avait travaillé, donc nous avions assez bien compris que ce gars serait un bosseur. Nous avons envoyé à Los Angeles trois de nos chansons et des démos que nous avions nous-mêmes produit jusqu’à un certain point. Il a travaillé dessus durant quelques semaines, puis il est venu nous voir et les a apportées avec lui, et nous étions ravis du résultat. Nous nous sommes dit, génial il y a la dynamique voulue et ça explose quand vous le désirez, et tout ce qui est si important pour un producteur. C’est comme ça qu’il nous a convaincus.

Borrowed Heaven leur nouvel album est sans nul doute le plus personnel du groupe jusqu’à présent. La perte de leur mère Jean se ressent tout au long des morceaux, particulièrement sur le poignant nouveau single, Angel.

Andrea: C’est assez bizarre parce que vous n’entreprenez pas d’écrire particulièrement sur quelque chose comme ça, mais tout ce que vous pouvez faire quand la musique vous inspire ainsi, c’est d’écrire sur ce qui est très important, qui vous tient profondément à cœur.
Je trouve que c’est bien et plutôt cathartique de l’exprimer à voix haute et même si vous ne considérez pas ça comme une thérapie, il y a tout de même quelque chose de libérateur là-dedans. Alors même quand nous étions sur scène hier soir – et je ressens cela quasiment chaque soir quand je chante cette chanson et Goodbye – c’est comme si à ce moment là elle était immortelle. Il y a tous ses gens qui, même si ils n’ont pas entendu dire que ça parlait d’elle, ils chantent Angel, et peut être qu’ils peuvent même s’y identifier, mais d’une certaine façon c’est comme si… tu n’es pas vraiment partie… Ca ne devient pas plus difficile. Pour moi quand arrive le tour de Angel, je l’apprécie parce qu’elle me met les pieds sur terre, j’arrête de penser à des choses futiles à ce moment là, parce que c’est quelque chose de trop important, c’est trop brut pour se permettre de faire l’idiote.

Jim: Nous aimons ce que nous faisons et nous continuerons aussi longtemps que possible, bien sûr la situation va changer de temps en temps, comme pour Caroline, qui a un petit bébé et qui en attend un autre, donc nous ferons seulement les ajustements nécessaires, jusqu’à ce que nous décidions d’arrêter, mais ce n’est pas avant longtemps je pense.

Caroline: Quand vous faites ce métier depuis aussi longtemps que nous, c’est très difficile de se dire, ok je ne veux plus faire ça. C’est une vie géniale, vous ne voulez pas renoncer au succès que vous avez construit au fil des ans, alors vous essayez de vous organiser pour continuer, mais c’est vrai que votre vie devient bien sûr plus compliquée en vieillissant, vous avez les enfants, les maris, les femmes peut-être un jour.

Jim: Bientôt.

Caroline: On verra.
Angel video

Transcription et traduction: GaëlleF

Le 02/08/2006 à 23:37 par GaëlleF

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