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Night & Day (17 décembre 2000)



Valeurs fondamentales

Un an après la mort de leur mère qui les a inspirés, les Corrs se remettent de cette perte – et ont maintenant quelque chose à célébrer. Mais un mariage va-t-il mettre à mal le fragile équilibre de ce groupe familial extrêmement populaire et talentueux ?

Cinq minutes avant de monter sur scène, quand n’importe quel autre groupe pop normal se réserverait un peu de temps pour lui-même, les Corrs se font photographier. Ces trois jolies sœurs – Sharon, Caroline, et l’incroyablement sensuelle Andrea – châtoient à l’envie. Jim, leur frère, s’essaie à une petite moue. Dans un moment, ils vont monter sur scène, décontractés et insouciants, pour séduire leurs fans de Stockholm.

Mais pour l’instant, les Corrs sont coincés là. De précieuses secondes s’écoulent. Dix mille Suédois attendent leur venue. La tension est palpable. ‘Qui a eu cette idée ?’, s’exclame finalement Caroline, frustrée. Un sourire d’une désarmante gentillesse ne quitte jamais son visage.

A cet instant, vous vous apercevez du professionnalisme sans faille – et de l'envie de faire plaisir – qui ont fait des Corrs un phénomène pop. Quel autre groupe, vous demandez-vous, subirait ce traitement avec tellement de bonne humeur – pour ensuite jouer un set laissant des fans hors d’haleine en redemander désespérément ?

Ce n’est pas pour rien que les Corrs sont le groupe le plus populaire d’Irlande. Leur mélange caractéristique de rock doux et de musique irlandaise est apprécié de la Suède à Singapour ; dans le monde entier, ils ont vendu un nombre incroyable de 16 millions d’albums. Après des années de difficultés pour que leurs chansons passent à la radio, leurs succès – ‘What Can I Do’, ‘So Young’, ‘Breathless’ – sont gravés dans les inconscients de tous, jeunes et vieux, que l’on soit à la pointe des nouvelles tendances musicales ou inconditionnels de Radio Two.

C’est un accomplissement extraordinaire, d’autant plus dans une période où les groupes pop sont manufacturés, comme Boyzone ou B*witched. Bien qu’ils aient un attrait photogénique certain – les soeurs à la particulière et délicate beauté irlandaise, et Jim, ressemblant dans un bon jour à un James Dean un peu plus joufflu – les Corrs sont un groupe dont l’habilité musicale prévaut sur un physique avantageux. Cet aspect est soigneusement mis en avant – ‘ce sont des musiciens’, répète l’entourage des Corrs en coulisses ; mais la vérité est indéniable.
A la maison, en Irlande, la musique était une partie intégrante de la vie de famille durant leur enfance dans la ville frontalière de Dundalk. Leurs parents, Jean et Gerry Corr, jouaient eux-mêmes et leur influence ne doit pas être prise à la légère. Jim, âgé de 36 ans aujourd’hui, a été encouragé à apprendre le piano et la guitare ; Sharon, 30 ans, le violon ; Caroline, 27 ans, le piano, avant de se mettre à la batterie à l’adolescence. Puis Andrea est arrivée, possédant une voix d’une immense puissance, pure et pleine d’émotion qui a été décrite comme la meilleure dans l'univers de la musique pop.

Tandis que leurs enfants effectuaient des premiers pas hésitants en tant que groupe, Jean et Gerry les encourageaient. Ils constituaient le rocher sur lequel le groupe s’est bâti. Les premiers albums reconnaissent ce qu’ils leur doivent : ‘Remerciements très spéciaux à Jean et Gerry Corr’.

Puis l’année dernière, vint la tragédie qui dévasta le groupe alors à l’apogée de son succès. En avril, leur mère Jean, seulement âgée de 57 ans, une femme à l’apparence jeune et pleine de vitalité qui entretient une ressemblance frappante avec ses filles, fut diagnostiquée avec une affection rare appelée fibrose alvéolaire cryptogénétique, qui bloque les bronchioles des poumons. Jim fit des recherches sur internet. ‘J’ai été abasourdi quand j’ai réalisé que c’était une affection fatale et incurable,’ dit-il. ‘Mais nous voulions y croire, on a toujours l’espoir.’

Mais en novembre, Jean fut transportée en avion dans un hôpital de Newcastle pour y subir une greffe de poumons. Là-bas, sa condition s’aggrava de façon inattendue. ‘Papa nous a dit que c’était bientôt la fin,’ raconte Jim calmement. ‘Nous étions en studio à Dublin. Nous nous sommes envolés pour Newcastle immédiatement et nous étions avec elle quand elle est partie.’

Un an après, les Corrs apprennent toujours à vivre avec la mort de leur mère. Si vous discutez avec n’importe lequel d’entre eux, vous ne verrez pas seulement une profonde tristesse, mais aussi un besoin de s’expliquer sur ce qu’il s’est passé. ‘Nous étions tous très proche,’ dit Andrea, dans un murmure. ‘Maman et papa étaient très jeunes : c’était des gens avec qui vous pourriez sortir en soirée. C’était une relation très très spéciale.

‘Ce qui s’est passé a mis beaucoup de chose en perspective. Vous prenez conscience de votre propre mortalité – si elle peut mourir, ça peut arriver à tout le monde, même à moi. Ça vous fait réfléchir. Maintenant je vais vivre et être aussi sage que possible, et aussi délurée que possible’, ajoute-t-elle dans un sourire, se souvenant qu’elle est une rock star. ‘Toute cette situation m’a fait prendre conscience que je faisais ce que j’avais envie de faire. Ça m’a fait l’apprécié d'autant plus. Elle m’a dit de continuer – et j’avais vraiment besoin de continuer quand elle est partie. J’ai une plus grande soif de travail que jamais. Je sais que nous sommes vraiment très bon, et ça n’a rien de vaniteux. Je le vois presque à travers les yeux de ma mère.’

En conséquence, le groupe s’est-il rapproché ? ‘Nous sommes les seuls à pouvoir nous comprendre, sur tous les plans. Nous nous serrons les coudes. Je ressens vraiment cette force maintenant. J’avais toujours tendance à m’excuser que l’on soit un groupe familial. Je trouvais ça un peu cucul. Maintenant je pense, ‘wow c’est très fort’.
‘Quand je regarde les sœurs Williams jouer au tennis, je m’identifie avec cette force, et le sentiment de malaise que ça crée aux autres joueuses parce qu’elles font vraiment les choses à leur façon. Elles se suffisent à elles-mêmes ; elles sont là l’une pour l’autre et elles sont très bonnes dans ce qu’elles font. Et je me sens très forte dans l’amour inconditionnel que nous avons. Je savais que c’était là avant, mais je n’en avais pas réalisé la portée avant la mort de notre mère.’

Néanmoins, il est évident que pour Andrea, la plus jeune de la famille, la douleur de cette perte reste vivace. ‘J’aurais aimé qu’elle ait tenu un journal. Je la connais très bien mais j’aurais aimé avoir un journal de sa jeunesse, j’aurais aimé savoir ce qu’elle ressentait. Je voudrais connaître ses émotions quand elle était jeune fille, ses petits problèmes, ce qu’elle a traversé, et quand elle a connu papa. Ses pensées, son bonheur. Et je veux juste arriver à sa hauteur.

‘C’est dur. Même pour quelque chose comme chercher une recette. Ou quand vous êtes malade et que vous voulez appeler votre mère; sans parler de discuter du futur et d’avoir des enfants. Je me souviens qu’elle me racontait des histoires certaines nuits et ça m’ouvrait l’esprit et me fascinait. Ces conversations sont très spéciales pour moi, et je sais que c’est d’une richesse incomparable.’

Alors qu’elle parle en suçant son pouce, on peut détecter une vulnérabilité enfantine chez Andrea qui fait mentir ses 26 ans. Pendant l’application de son maquillage de scène, les yeux lourdement soulignés de rose, elle semble minuscule et fragile, dans son tout petit haut noir. Pourtant, de tous les membres des Corrs, c’est Andrea qui semble avoir gagner une plus grande force spirituelle de la mort de sa mère. ‘J’ai toujours beaucoup eu la foi,’ dit-elle simplement. ‘C’est la raison qui vous fait continuer. Je pense qu’elle est avec Dieu, qu’elle est dans un monde meilleur, et nous devons juste faire notre temps ici avant de la rejoindre. Et je sais cela au plus profond de mon cœur. Ce n’est pas un rêve ou une prière ; c’est dans ma tête et dans mon cœur. Simplement parce que je suis si proche d’elle, et elle est là, je suis liée à elle spirituellement. Je sens qu’elle est avec moi en permanence. Je sens ses bras autour de moi tout le temps.’

Pour Sharon, la sœur aînée, la mort de sa mère prend une autre dimension tout aussi poignante. Elle s’était fiancée trois mois auparavant. ‘Je suis triste qu’elle ne soit pas au mariage, et ça peut rendre la journée plus difficile à cause de ça,’ dit-elle. ‘Mais ma mère adorait Gavin [son fiancé], elle l’aimait vraiment, et c’est bien d’avoir ce genre de bénédiction de vos parents.’

Sur scène, jouant énergiquement du violon qui donne aux Corrs ce son irlandais distinctif, Sharon est une silhouette éthérée, si mince qu’il semble miraculeux que sa jupe reste en place, posée en équilibre précaire autour de hanches invisibles. En personne, elle est plus chaleureuse, émanant un bonheur perceptible. Jusqu’à maintenant, elle n’avait jamais parlé publiquement de ses fiançailles avec l’avocat irlandais Gavin Bonnar. Comme elle le dit, sans rancœur, ça aurait été plus difficile de garder le secret si elle avait été la chanteuse ; ne l’étant pas, personne ne lui a jamais posé la question.

‘C’est fantastique et je suis si heureuse,’ dit-elle. ‘En fait, je l’ai su dès que je l’ai vu. C’était il y a environ six ans. Nous tournions la vidéo pour ‘Runaway’, qui était le premier single de notre premier album. Nous n’étions pas du tout connu, donc c’était exactement le bon moment pour rencontrer quelqu’un. Il a traversé tout ça avec moi et nous avons essayé de faire au mieux ensemble.

‘Le jour de mes fiançailles a été le plus beau de ma vie. C’était extraordinaire. Gavin m’a demandé si je pouvais prendre quelques jours et nous avons organisé des vacances. Nous avons voyagé sacs au dos en Espagne et il disait sans cesse vouloir voir l’éclipse. Donc nous sommes allés en France, et nous avons suivi l’éclipse dans cette toute petite Twingo. C’était vraiment très amusant. Et soudain, quand le soleil a formé une couronne autour de la lune, il a commencé à fouiller dans la voiture, dans son sac. Et il m’a tendu ce petit sac provenant d’une joaillerie. Je n’étais pas du tout préparée. Je n’en avais absolument aucune idée.’

Aucune date n’a été arrêtée pour le mariage – ce n’est pas étonnant vu l’emploi du temps très chargé des Corrs – mais elle et Gavin espèrent se marier durant le courant de l’année prochaine. Déjà, la fratrie se prépare pour la fête, le premier mariage de la famille, prévu et anticipé depuis que les soeurs étaient petites filles. En même temps, il est impossible de ne pas se demander quel effet le mariage de Sharon aura sur l’équilibre du groupe.

Je demande cela à Andrea qui me fournit une réponse optimiste typique des Corrs : ‘Une bonne relation est une relation libératrice’, affirme t-elle. ‘Si ça la rend plus heureuse, ça nous rend plus heureux également.’ Néanmoins, il est clair pour chacun d’entre eux qu’il est loin d’être facile de maintenir une relation amoureuse. Andrea, récemment élue la femme la plus belle du monde (elle admet de façon touchante que le jour où elle l’a appris, elle était et se sentait affreuse) est célibataire. Mais heureuse ainsi ? ‘Oui et pour que ça change, il faudrait que je sente que c’est le bon et que c’est extraordinaire, vous savez ? Sinon ça ne m’intéresse pas. Je mène un train de vie très bohème. Ça requiert quelqu’un de très spécial.’

Avec un visage fascinant et son charisme scénique – qui inclut un déhanchement séduisant – il n’est pas surprenant qu’on ait prêté de nombreuses relations à Andrea, dont Robbie Williams. ‘C’est drôle’, dit-elle avec un air réellement surpris. ‘Au début, avant Robbie, je lisais à propos de relations que j’ai eu avec des gens que je n’ai jamais rencontré, ou à qui j’ai seulement serré la main. Je lis les journaux comme tout le monde et je me dis, mais qui est-ce ? Avant, ça me faisait un peu peur, mais à présent, je me dis que c’est juste du divertissement. Les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas comme ça.’

Elle affirme que sa relation avec Robbie était seulement amicale, et rien de plus. (en coulisses pourtant, il se dit qu’il a lourdement insisté pour la séduire et qu’il s’est fait rabrouer). Toutefois, il est clair qu’ils partagent un lien non négligeable. ‘Nous nous comprenons,’ dit Andrea, avec animation. ‘Nous faisons partie du même monde. Vous n’avez pas besoin de le divertir, ou de vous inquiéter de l’avoir déçu. C’est cette affinité que vous avez avec les gens qui font le même métier que vous. C’est une compréhension et une affinité. C’est vraiment comme une zone de confort.

‘Ce n’est pas que nos vies sont si hallucinantes, mais ça semble fantastique de l’extérieur, et c’est comme ça que ça doit être. Il y a des côtés formidables, mais nous sommes tout de même des gens réels qui vivons sur la route. C’est un train de vie assez bohémien et dur d’une certaine façon. Il n’y a pas de calèches et de citrouilles.’

Ici en effet, dans les coulisses du Stockholm Globe où les Corrs jouent la dernière représentation d’une éreintante tournée européenne de trois semaines, il n’y a pas beaucoup de place pour le glamour. Les Corrs ont leur propre loge, avec des tonnes de fruits et des sofas rouges à la mode ; quand ils sortent de là, ils se retrouvent dans un monde sentant le renfermé, plein de tasses et de toilettes sales et d’infinis couloirs en béton gris. Je demande à Caroline qui semble avoir des opinions plus arrêtées que ses deux soeurs, si elle n’aimerait pas s’échapper de cette existence étrange et itinérante.
‘Oh oui, mon petit ami était parti au Népal et je me suis dit que ça me ferait tellement de bien d’aller faire de la randonnée dans l’Himalaya. Mais dès que vous avez un disque qui sort c’est très difficile de dire, ‘Oh je ne vais pas faire ça’. Parfois j’aimerais rentrer chez moi et me mettre devant la télé ou bien aller me promener en montagne, ou sortir avec des amis que je n’ai pas vu depuis des lustres.

‘Mais nous ne voulons pas laisser tomber les autres membres du groupe. Si je disais, ‘Ok les gars, je rentre à la maison’, ça serait vraiment égoïste pour moi. Vraiment, parce que nous sommes tous dans le même bateau, et nous travaillons tous très dur.’

Elle admet aussi qu’il est difficile de faire en sorte qu’une relation marche. ‘Parfois je nous regarde mon petit ami et moi et je me demande comment nous faisons. Ce qui est sûr c’est qu’il faut que votre compagnon soit très compréhensif, surtout en étant des femmes sur la route. Il y a peu d’hommes qui resteraient à la maison en attendant que leur femme rentre.

‘Il faut que cet homme soit très sûr de lui. Mon petit ami, il a son propre travail, il est dans l’immobilier, il réussit bien et il est bien dans sa peau ; et il aime et respecte ce que je fais.

‘Il ne pourrait pas dire, ‘qu’est ce que tu fais en tournée, pourquoi est-ce que tu n’es pas à la maison ?’. Il doit être en mesure de réaliser que c’est ce que vous faites. Et que ça ne va pas durer toujours, ça ne sera pas ce genre d’emploi de temps pour toujours. Nous nous rendons compte de cela.’

Si vous rencontrez un des Corrs, il est clair qu’ils sont passés maître dans l’art de la diplomatie. Ils ont une approche commune et optimiste qui semble nécessaire dans ce monde pop émaillé des brouilles de groupes familiaux qui ne fonctionnaient pas aussi bien – on pense aux Osmonds, Carpenters et Jacksons, sans parler des frères Gallaghers.

Ce qui rend les Corrs différents est peut être le temps qu’il leur a fallu pour rencontrer le succès. Ils jouèrent leur première performance en tant que groupe il y a onze ans, quand Jim, alors âgé de vingt-cinq ans, était un musicien de studio accompli en Irlande. Il entendit dire par un ami que le réalisateur Alan Parker auditionnait des musiciens pour le film The Commitments. Les Corrs jouèrent et décrochèrent de petites figurations, alors qu’Andrea obtint une apparition. Ce jour là porta ses fruits d’une autre façon. John Hughes, le coordinateur musical du film, fut d’accord pour devenir leur manager, un rôle qu’il tient toujours aujourd’hui. C’est un homme grand et mince aux cheveux gris très courts souvent considéré comme le 5ème membre du groupe par les Corrs eux-mêmes.

Durant les années suivantes, ils connurent de grandes difficultés à se faire connaître en Irlande. Puis en 1994, Jean Kennedy Smith, l’ambassadrice américaine, les entendit jouer dans un pub à Dublin et les invita à jouer durant un événement caritatif à Boston. A New York, avec le culot que les jeunes peuvent avoir, ils se rendirent sans rendez-vous à la rencontre de David Foster, le célèbre producteur, qui travaillait alors avec Michael Jackson. Il accepta de les auditionner ; le jour suivant, Atlantic Records les signait et David Foster offrait de produire leur premier album, Forgiven Not Forgotten, sorti en 1995.

Un engagement pour assurer la première partie de Céline Dion s’en suivit, mais la Britpop vivait son âge d’or, et les Corrs peinaient à accrocher la Grande-Bretagne. Puis, il y a deux ans, leur popularité explosa tout à coup. Dreams, la reprise des Fleetwood Mac, fut incluse sur les programmations radios ; ils jouèrent au Royal Albert Hall et aux Commonwealth Games, pour le Pape et Pavarotti.
Ils jouèrent même trois dates avec les Rolling Stones ; même aujourd’hui, Mick Jagger se vente de les avoir découverts. En réalité, bien sûr, il est certain que tout n’a pas été aussi simple.

Les Corrs ont admis avoir eu des disputes houleuses, mais ils ont appris à les résoudre. ‘Quand nous avons commencé, si l’un d’entre nous essayait de passer une décision en force, ça ne se faisait pas,’ se souvient Caroline. ‘Nous étions tous assez têtus, même autoritaires certaines fois. Parfois, il fallait recourir au vote. Maintenant nous sommes finalement d’accord sur la plupart des choses. Nous nous sommes rendus compte assez vite qu’il ne pouvait pas y avoir de chef. S’il y a une personne qui prend les décisions, ça pose des problèmes. Les autres vont finir par vous en vouloir, que vous preniez la bonne décision ou non.’

Chacun a aussi dû batailler pour se forger sa propre identité. ‘Le plus gros problème au début, c’était le manque d’espace pour soi,’ affirme Sharon. ‘Avec plus de confiance et le travail que vous accomplissez, vous commencez à ressentir votre propre individualité.’

A présent, les Corrs ont peut-être trop à perdre pour risquer de se fâcher ; avec un emploi du temps à faire pleurer les groupes les plus expérimentés, il se peut aussi qu’ils n’en aient pas le temps. De plus, comme leurs détracteurs ont toujours aimé faire remarquer, les Corrs sont ‘très sympas’.

Le 8 janvier, pendant leur prochaine tournée britannique, ils donneront un concert à Newcastle pour récolter des fonds pour le Freeman Hospital, où leur mère est décédée. L’argent servira à financer une nouvelle aile, où l’on cherchera les causes du cancer du poumon dont elle a souffert. La dévotion dont ils faisaient preuve auparavant envers leur famille demeure ; ils passent autant de temps que possible avec leur père qui les accompagne sur beaucoup de dates de leurs concerts européens. ‘No More Cry’, une chanson de leur dernier album, In Blue, a en fait été écrite pour le soutenir.
Mais on ne doit pas penser que les Corrs se complaisent dans leur chagrin. Je demande à Andrea ce qu’ils vont faire pour marquer l’anniversaire du décès de leur mère en novembre. ‘Nous rentrons chez nous ce jour là, nous irons à la maison pour nous saoûler,’ dit-elle dans un éclat de rire.

Traduction et scans: GaëlleF

Le 22/05/2006 à 15:15 par GaëlleF

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