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Life - Sunday Independent (12 octobre 2003)

  This article is also available in English





L’amour, la douleur et tout le reste.

Le nom d’Andrea Corr est sur toutes les lèvres depuis presque dix ans. Son talent et sa beauté ont fait d’elle une star internationale. Mais sous l'éclat lumineux du monde de la pop se cache une femme fascinante. La chanteuse des Corrs se confie à Barry Egan.

Andrea Corr se souvient de la première fois où elle a entendu quelqu’un chanter. C’était aussi la première fois que sa mère Jean chantait sur scène.
"Ce qui est drôle c’est qu’elle était enceinte de moi, " dit Andrea. "Elle portait une tenue large de grossesse. J’écoutais à l’intérieur de son ventre."

Sirotant de l’eau Ballygowan sur un confortable sofa dans l’hôtel Four Seasons à Dublin, la chanteuse aux yeux soulignés de khôl ne prend pas trop de risque en supposant qu'il devait probablement s'agir d'un morceau des Carpenters, des Eagles, ou d’ABBA que sa mère chantait pour elle dans son ventre.

Jean et Gerry étaient eux-mêmes musiciens, imprégnant [imbuing] leurs quatre enfants d’un amour naturel pour la musique. Leur enfance à Dundalk instilla également à Andrea et ses frère et sœurs une force de caractère qui les aida à traverser les moments les plus durs de leur carrière. Les Corrs – Andrea, Caroline, Sharon et Jim leur frère – ont maintenant vendu plus de 40 millions d’albums depuis leur premier disque en 1995, mais ce ne fut pas un succès immédiat. Durant les années précédant leur premier contrat, les maisons de disques ne montraient que de l'indifférence à l'égard des Corrs. Personne ne voulait les connaître, et encore moins leur faire signer un contrat.

Toute l’énergie de leur manager John Hughes semblait être dirigée vers un seul but: faire en sorte que ces jeunes gens puissent croire en leur chance d'y arriver – difficile quand les exécutifs des maisons de disques ne répondent pas à ses coups de fil. "Mais je n’ai jamais pensé que ça n’allait pas marcher. Je pense que John est un homme de vocation."

Bien avant que le goût du public et l’apparence attirante des Corrs ne s'accordent avec le succès de Talk On Corners en 1998, la vie était difficile pour le groupe.

"Parce que j’étais la plus jeune, je me sentais probablement protégée, " dit Andrea à présent. "Je n’ai pas eu à décider que c’était vraiment cela que je voulais faire. Je ne me suis pas dit : ‘Je veux être la chanteuse du groupe !’

"Je suppose que je le suis devenue naturellement et que c’était la bonne chose à faire. Si à présent je voyais quelqu’un faire ce que nous avons fait, je me dirais : ‘Mon dieu !’ Je m’inquiéterais pour eux. Si j’avais des enfants et qu’ils se lançaient là-dedans, je serais vraiment préoccupée. "

Quand elle regarde en arrière, elle affirme que parfois elle n’arrive pas à le croire. Leur confiance en eux était presque ridicule. "Qu’est-ce qui pouvait nous faire penser que nous pourrions vendre tous ces albums dans le monde entier et avoir énormément de succès ? Mais c’est ce qu’il s’est passé," dit-elle avec fierté.

"Même quand les choses se passaient bien, nous avons eu un certain nombre de mauvaises expériences sur notre route : des compagnies de disques qui prétendaient être intéressées, nous faisaient espérer, et puis ne nous rappelaient pas. Il faut avoir beaucoup de confiance en soi, et nous en avions. John Hughes était très optimiste et déterminé et les refus en ont fait une sorte de défi – et c'est toujours le cas à présent. Les choses ne seront jamais faciles et c’est bien comme ça. "

Que ressent-elle maintenant que les gens la reconnaissent partout où elle va ?
"J’ai traversé l’adolescence comme ça. J’avais 15 ans quand j’ai commencé. J’ai opéré toute ma métamorphose devant les caméras. "

L'attention dérangeante des flashes des paparazzi a fait partie de sa vie pendant des années. Durant cette période on lui a prêté des relations – ridicules plutôt que romantiques – avec tout le monde, de l’ex-manager des Spice Girls Simon Fuller à Huey des Fun Lovin’ Criminals et en passant par Robbie Williams. Quand Andrea chanta en duo avec Mick Jagger sur "Wild Horses" au récent concert dublinois des Rolling Stones, certains gros titres se sont surpassés.

L’un d’eux racontait que Mick avait téléphoné à Andrea pour l’inviter à sortir, invitation qu’elle déclina poliment ; et que Jagger, déterminé, avait continué à l’appeler pour savoir s’ils pouvaient dîner ensemble. Il se dit que Mlle Corr a simplement arrêté de répondre quand le numéro de Jagger s’affichait.

"Mick Jagger qui appelait et tout ça, c’est complètement faux, " affirme t-elle. "Ca a été pire pour Mick en fait. Ils l’ont fait passer pour un idiot, et ce n’est pas juste, ce n’est pas vrai. La façon dont les journaux présentent les choses, c’est affreux."

Elle admet que chanter avec les Stones a été formidable. Quand elle monta sur scène dans des bottes en cuir jusqu’aux genoux, il y eut belle et bien une montée d'adrénaline dans ses veines. "Je n’avais pas fait face au public depuis longtemps, donc ça a été très intimidant de monter sur scène pour une chanson – et c’était une surprise, parce que les spectateurs ne savaient pas que j’allais chanter, " avoue Andrea. "Je n’ai appris la chanson que le jour même. J’ai un respect total pour les Rolling Stones et je voulais qu’en le faisant ils soient heureux de m’avoir invitée, au lieu de se dire : ‘Mon dieu, c’était une erreur !’ Si vous avez du respect pour les gens qui font la même chose que vous, vous voulez vraiment être bon."

Andrea avait sept ans quand elle chanta pour la première fois sur scène, à une représentation scolaire de ‘La Princesse’. Elle se souvient que les filles de CM2 distribuaient les rôles durant une assemblée. Personne n’auditionnait, alors elles lui donnèrent le rôle de la princesse. "Je devais chanter aux répétitions, et j'étais très impressionnée. "

Elizabeth O’Donoghue, le professeur d’Andrea, la prit très vite à part. "Je pleurais et j’étais effrayée, alors elle m’a dit que j'en étais capable et je l’ai fait. Maman et papa étaient au premier rang cet après-midi là pour me regarder, " se souvient-elle.

Ses longs cils battent comme les antennes sur le dos d'un scarabée. Son regard se fixe au loin, comme perdu dans un rêve. Puis elle raconte qu’un soir elle s’est assise avec son père Gerry dans leur maison à Dundalk pour regarder sur de vieux films de famille Jean, sa mère décédée.

"Papa les avait regardés auparavant et il m’en a parlé, " raconte t-elle. "Et nous nous sommes rendus compte quand ça nous faisait du bien de les regarder, parce que ça remettait Maman dans le monde des vivants plutôt que de se souvenir de sa mort.

On considère la vie normale avec ses parents comme quelque chose d’acquis. Et la mort était devenue tellement omniprésente que l’on avait oublié le bonheur de la vie qu’on a vécu avant cela. Dans ses vidéos elle était si heureuse. "

Sur ces films granuleux, Andrea se regarda se préparer avec ses frère et sœurs pour leur premier concert, répétant dans un garage. Elle s’entendit discuter avec ses sœurs de ce qu’elles allaient porter. "Maman était là, et tous les rires, l’intimité et la frime, c’était génial de regarder ça. "

"Il y avait une autre vidéo de nos vacances à Malibu, près de la piscine. J’avais mis les vêtements de papa, et Caroline ceux de maman et nous les imitions. Elle disait toujours : ‘J’en suis ravie, Gerry’. Ma mère était toujours ravie de tout. Quelque chose d’autre: nous étions sur un bateau, et c’était très étrange d’entendre ma mère dire mon nom : ‘Où est Andrea ?’ Des choses comme ça peuvent être tellement touchantes.
"C’est bizarre mais ça m’a rendue plus heureuse, parce qu’elle était heureuse, et ça c’est la vie. C’est cela, " explique t-elle. "Quand quelqu’un de proche décède, la fin de leur vie est une expérience atroce. C’est comme un horrible cauchemar. Ça reste dans votre esprit: la mort, la lutte contre elle, le fait qu’elle se soit battue si fort pour vivre.

"Mais sur ces vidéos tout semble si joyeux. C’était une bonne chose de les regarder. Maintenant quand je rêve d’elle, elle est vivante dans mes rêves. "

En avril 1999, Jean Corr a été diagnostiquée avec une fibrose cryptogénétique alvéolaire, une maladie rare des poumons qui cicatrise les alvéoles par l’air passe dans les poumons. En novembre, quand sa condition se détériora, elle fut transportée en avion au Freeman Hospital à Newcastle pour subir une greffe de poumon. Elle mourut le 24 novembre 1999.

Sur les photos de cette époque, Andrea semble forte. Mais les blessures ne sont pas toujours visibles à l’œil nu. Elle écrivit No More Cry pour essayer de supporter la triste perte de sa mère. "One day soon we'll meet again," Andrea sings. "I wanna feel just like before/ Before the rain came in my door/Shook me up, turned me around/Made me cry till I would drown".

"Je sens qu’elle est là tout le temps, " dit-elle maintenant. "Vraiment. Elle est dans notre monde, je crois vraiment qu’elle me guide. "

Il y a deux ans, Sharon Corr était en vacances dans les Caraïbes quand elle aperçut une femme assise de l’autre côté du spa de l’hôtel et elle sut, dit-elle, que sa mère était en elle. Elle remarqua que "les moindres gestes de cette femme étaient ceux de ma mère". Cela fait écho au poème de Patrick Kavanagh : "Chaque vieil homme que je vois/me rappelle mon père/quand il tomba amoureux de la mort…"

"C’est vraiment très étrange qu’elle ne soit pas là, " avoue Andrea, avant d’ajouter : "Ce que je n'aime pas à ce propos c'est que si notre amour et notre coeur sont censés prédominer dans nos vies, on se met à se demander, pourquoi est-ce que je ne me suis pas complètement effondrée? Comment est-ce que j’arrive à continuer à vivre comme je le fais ?"

Elle dit que ce qu’il lui a permis de ne pas s’effondrer, c’est sa foi, et réaliser que la vie est précieuse. "Maman considérait que la vie était précieuse, " affirme t-elle. "La sienne n’est plus et je ne vais pas gâcher la mienne. Elle n’a pas gâché la sienne. Elle n’aurait pas voulu cela. Et puis, je pense que je suis quelqu’un de naturellement optimiste. Ma foi est quelque chose de fondamentale dans ma vie. "

Elle croit que dès que vous faites ce qu’il faut, que vous suivez votre voie, que vous ouvrez les bras en grand et que vous vous laissez guider vers le bon chemin, tout ira bien. Peut importe ce qu’il peut arriver. Andrea croit dans quelque chose de plus grand que cela. Elle croit que l’on a tous des bons et des mauvais jours, mais que la vie est essentiellement précieuse, donc elle vit selon cette conviction.

Alors qu’elle réfléchit à une blague à me raconter, Andrea émet un rire bruyant qui retentit dans tout le hall de l’hôtel, faisant sursauter de polis Américains buvant leur thé à table d’à côté.

"Grand Chef souffre de constipation, " commence t-elle, "et il dit au docteur : ‘Grand Chef pas péter.’ Le docteur dit : ‘Ne vous inquiétez pas, prenez ces cachets et ça ira mieux. Appelez moi dans une semaine.’ Une semaine plus tard, le chef était cramoisi: ‘Grand Chef pas péter.’ Le docteur lui dit, ‘Prenez ce seau de cachets.’ Deux semaines plus tard, il entre dans la pièce avec difficulté – ballonné : ‘Big Chief toujours pas péter.’ Le docteur lui donne une tonne de cachets. Un mois passe et le docteur se demande comment se porte le chef. Une petite femme entre dans son cabinet un jour et lui dit : ‘Grand pet, plus de chef !’"

En août 2002 à Majorque, Caroline Corr épousa Frank Woods, un promoteur immobilier basé à Dublin, avec Bono et The Edge parmi les invités. En juillet de l’année précédente, Sharon Corr épousa Gavin Bonnar, un avocat de Belfast. Jim Corr est toujours célibataire, heureux de papillonner avec de belles jeunes femmes. Andrea, quand à elle, vit une relation heureuse avec un jeune acteur britannique, Shaun Evans.

Les Corrs, en tant qu’individus, se sont un peu posés ses dernières années, selon elle. La vie de Caroline a radicalement changé maintenant qu’elle est un la mère d’un petit garçon. "Il y a beaucoup de bonheur chez elle " dit Andrea. "Elle est vraiment heureuse. Vous le voyez quand les gens ont des enfants. " Andrea se souvient avoir vu Caroline sortir directement de scène à la fête d’anniversaire de Nelson Mandela en Afrique du Sud et "revenir à notre table pour immédiatement allaiter son bébé.

"Puis quand une chanteuse d’opéra s’est mise à chanter et a atteint une note haute, la seule préoccupation de Caroline a été de protéger ses oreilles. " Elle sourit en ajoutant qu’elle n’est pas encore prête à avoir des enfants.

"Je ne me sens pas encore totalement comblée. Je ne suis pas mariée. Je ne voudrais me marier que si je savais que je resterais avec cette personne pour toujours. J’aurais besoin de savoir que nous allons nous embarquer ensemble et très sérieusement dans cette aventure. Je ne suis pas encore arrivée là. Mais je voudrais me marier, absolument."

Depuis qu’elle a commencé à se produire avec les Corrs, elle n’a jamais connu une vie conventionnelle. A l’âge de 29 ans maintenant, elle ne pense pas "vouloir un jour une vie conventionnelle, ou même pouvoir y faire face. Je ne peux pas imaginer m’installer à un endroit. Je vois la vie comme une aventure."

Andrea est devenue adulte dans un foyer stable à Dundalk. Elle offre de brefs aperçus de son enfance. Aller faire la fête en ville et prendre ensuite le thé avec des toasts – ou "du toe avec des teasts" comme elle dit – dans la cuisine familiale avec ses amis.

Adolescente, Andrea avait des posters de Prince sur les murs de sa chambre, jusqu’à ce que son père les confisque. L’inspiration derrière cette punition vint le jour où Gerry Corr entendit la jeune Andrea chanter les paroles de Darling Nikki :
"Je connaissais cette fille du nom de Nikki/On peut dire qu’elle était une bête de sexe/Je l’ai rencontrée dans le hall d’un hôtel/Se masturbant avec un magazine/Elle m’a demandé, comment aimerais-tu passer du temps/Et je n’ai pas pu résister. "

"Je ne savais pas ce que je chantais, " dit Andrea en riant, "mais à l’expression sur son visage, on pouvait imaginer qu’il pensait que sa petite fille se transformait en Regan dans l’Exorciste ! Il a immédiatement confisqué tous mes disques de Prince. " Elle n’a jamais plus chanté Little Nikki à la maison.

Andrea, 1,58 au garrot, a ses propres chansons à chanter désormais. So Young et Runaway sont deux des nombreuses chansons des Corrs qui semblent toujours dans l’air – vous avez juste à augmenter le volume de la radio. Elle va s’envoler ce matin même pour Los Angeles pour commencer à enregistrer le successeur très attendu de In Blue, dont la sortie est prévue pour sortir en Mars 2004.

Elle revient juste du Canada où elle a assisté à la première de The Boys from County Clare au Festival du Film de Toronto. C’est l’histoire deux familles rivales durant la compétition de musique traditionnelle de toute l'Irlande; Andrea joue Anne qui tombe amoureuse de Shaun Evans de l'autre groupe familial. Elle a tourné précédemment dans deux films d'Alan Parker, The Commitments (1991) et Evita (1996). Avant de se rendre à Toronto, elle était en vacances à Mexico et a aussi participé à la célébration des 85 ans de Nelson Mandela à Johannesburg – avec Bono, Bill et Hillary Clinton et Oprah Winfrey, entre autres.

Andrea admire cet homme qui passa trente ans de sa vie en prison pour ses convictions et obtint le prix Nobel pour avoir conduit l'Afrique du Sud vers une démocratie multiraciale en 1994. "J'ai trouvé que Mandela était vraiment bouleversant à tous les niveaux. Le simple fait de le rencontrer a été quelque chose d'incroyable," dit-elle. "C'est dur de l'exprimer avec des mots. Il est très normal et charmant – magnifique. Ca m'a ému aux larmes.”

Quand elle n'enregistre pas ou ne voyage pas pour assister à des soirées d'anniversaire en Afrique du Sud, Andrea peint et fait des esquisses. Les résultats sont d'après elle assez étonnants. "J'ai fait plusieurs dessin de moi-même. Ils étaient bizarres. Je n'arrive pas trop bien à me dessiner. J'ai beaucoup fait Jim au piano. J'arrive bien à dessiner papa.”

Cette femme est bien plus que la déesse celtique que vous voyez à Top of the Pops ou sur MTV. Ses films préférés sont Midnight Cowboy, Dernier Tango à Paris, et Leaving Las Vegas. Son auteur préféré est Fyodor Dostoevsky. Le seul livre qu'elle sauverait d’une maison en flammes est Crime et Châtiment, une méditation de Dostoevsky sur la culpabilité et le châtiment, qu'elle a lu plusieurs fois. “Parfois quand j'arrive à la fin, je veux tout suite revenir au début pour le relire,” dit-elle.

Il y a probablement des fois où Andrea ne peut pas croire tout ce succès. Je ne doute pas qu'elle prenne tout ça avec philosophie. Elle est d'une normalité sans ambiguïté: son attitude réservée et critique envers elle-même est à l'opposé du narcissisme intéressé habituel du milieu dans lequel elle s'est forgée une carrière.

Depuis ma première rencontre avec les Corrs en 1997, j'ai rencontré Andrea et sa fratrie aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Suède, et elle a toujours les têtes sur les épaules, et les pieds sur terre. Elle est l'anti-diva. J'attends toujours qu'elle fasse un caprice ou qu'elle pique une crise, mais ça n'arrive jamais.

Je me souviens d'une froide soirée particulièrement arrosée avec les Corrs à Stockholm durant la période de Noël en 2000. Le jour se levait. Ayant consommé leur poids en alcool, aucun membre du groupe n'était allé dormir et leurs yeux ne ressemblaient plus qu'à des fentes. Nous étions tous affalés dans la salle d'embarquement de l'aéroport. Pour nous remettre les idées en place, Jim nous offrit une tournée d'Absolut Vodka.

Avachie sur un siège dans un coin de la pièce, Caroline essayait de dormir. J'essayais de faire de même sous une table quand Andrea s'approcha de moi avec une lueur malicieuse dans les yeux.

“Redresse-toi!” ordonna t-elle. Je protestais que je ne pouvais pas, sinon je serais malade. “Je ne peux pas m'assoir si c'est pour vivre sans toi,” chanta Andrea, modifiant les paroles de Without You de Harry Nilsson. Bientôt je rejoins Andrea pour un duo: “Je ne peux plus m'assoir!”

Alors que nous allions monter dans l'avion, je lui dis que j'ai peur de voler. “Quand ton heure est venue, il n’y a rien à faire,” dit-elle. “Et c'est mieux là-haut.”
Où ça là-haut?
“Dans l'autre monde.”
A 30.000 pieds du sol?
“Bien plus haut que ça.”
Le paradis?
“Oui, tout va bien là-bas. Alors ne t'inquiètes pas.”

Pour l'instant, Andrea Corr n'a pas de quoi s'inquiéter. Elle peut encaisser tout ce que la vie jettera sur sa route. Elle savoure pleinement le défi que représente la sortie d'un nouvel album des Corrs. Le groupe est déterminé selon elle à ne pas succomber aux attentes commerciales.

“Ma vraie idée de la vie est que vous ne devez jamais faire des choses faciles. Ne faites quelque chose que si vous avez peur d'échouer. Sinon vous ne faites pas ce qu'il faut. Bien sûr c'est effrayant,” admet-elle.

“J'ai le plus grand respect pour la musique et l'industrie du disque. A cet égard, je veux en être digne. C'est effrayant de revenir dans la course de cette façon, parce que c'est une autre étape. Vous n'êtes jamais à l'aise et c'est comme ça que ça devrait être.

“Ma musique fait vraiment partie de moi,” continue t-elle, “Ca a complètement façonné ma vie.”

A-t-elle des regrets?
“En fait je ne crois pas aux regrets.”

A juste titre. Andrea Corr, tu es magnifique.

Transcription, traduction et scans : GaëlleF

Le 25/04/2006 à 23:59 par GaëlleF

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